L'enquete d''XYZEBRE


   

Enquête sur le métier de la recherche d'images et l'impact d'Internet, en France.

A l'occasion de ses 10 ans d'existence, XY Zèbre s'est interrogé sur l'évolution et les perspectives de son métier: la recherche d'images fixes et animées, et d'informations.

XY Zèbre a donc conçu en Juillet 2002 un questionnaire adressé à 700 clients réels et potentiels : producteurs de programmes audiovisuels de télévision,cinéma,publicité,d'entreprises, d'expositions , acheteurs d'art.
5 % ont répondu dont plus de la moitié ne connaissait pas XY Zèbre. Voici les instructions utiles que nous en avons tirées, toutes proportions gardées au taux de réponse.

   
1/Besoins en recherche
Le besoin d'informations est important en amont dès le développement et l'écriture d'un projet (29), qu'il soit de fiction ou documentaire.
Le besoin de recherche d'images est moyen: 13 en ont un peu besoin, 14 souvent, 1 seul à la folie.
Les producteurs ont autant besoin d'images fixes (photos) que d'images animées (stock-shots, archives, extraits).

2/Internet répond-il aux besoins des producteurs ?
Internet est un outil de recherche d'images pour 19 répondants. 11 ne l'utilisent jamais.
Très peu connaissent les bases de données en ligne des photothèques et vidéothèques (21 non / 6 si).
Très peu trouvent facilement leurs sites (16 non, 7 si).
Très peu téléchargent en haute definition (5); 18 téléchargent en basse définition, les photos, pas les videos.

21 disent qu'Internet ne leur suffit vraiment pas face au flot d'informations et face aux problèmes de droit.
24 déclarent que la médiation des documentalistes est indispensable pour identifier, trier et évaluer les informations.
18 déclarent qu'Internet ne débloque aucune question de droits .

Internet apparait comme un outil de recherche supplémentaire ou une nouvelle source à part entière. Mais Internet ne résoud pas en soi les problèmes d'une recherche.


3/ /Internet modifie t-il le recours aux services spécialisés des recherchistes ou documentalistes audiovisuelles ? Quantitativement ? Qualitativement?
Les principales limites d'Internet sont aux yeux des répondants:

-la masse des réponses à trier, identifier, et évaluer, et le temps nécessaire à cela.
-les problèmes de droits, l'aperçu d'une image ne résolvant pas l'identification de l'ayant droit de celle ci et par conséquent son acquisition.
-l'opacité des sites de sources d'images en ligne, impossibles à retrouver pour un néophyte s'il ne connait pas déjà l'identité de la source.
C'est là toute la question du bon réferencement des sites et des sources qui reste encore très illusoire pour nombre d'entre eux.

Si Internet permet au producteur ou au réalisateur ou à leur équipe de régler de façon autonome des questions simples ou de débroussailler le terrain en une première phase, la médiation des documentalistes leur semble incontournable du fait de l'étendue du champ des sources à explorer et de la complexité des droits
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4/Par qui sont effectuées les recherches: personnes polyvalentes ou documentalistes de métier ? A quel moment la médiation des documentalistes prend le relais d'Internet pour résoudre leurs problèmes ?
La recherche documentaire est effectuée par les producteurs eux même (20), par les documentalistes (21),les assistants de production (17),les stagiaires (9).
Les contraintes budgétaires limitent et diffèrent le recours aux documentalistes, qui est décidé, quand le producteur ou son directeur de production n'ont plus le temps de le faire eux même et craquent, ou dès que " la qualité " du programme et des archives le justifie.
Parfois par manque de budget, certains producteurs ne peuvent " s'offrir " les services des documentalistes qui leur seraient pourtant nécessaires.

Les motifs de recours aux services des documentalistes s'échelonnent dans l'ordre suivant :
-pour cibler les sources plus vite et viser la plus adéquate (17)
-pour clarifier les droits et les négocier (15)
-pour voir et choisir les images (13)
-pour prévoir partenariats et accords, en amont (11)

5/Quels services ou quelles compétences les producteurs attendent-ils des documentalistes aujourd'hui face à leurs besoins documentaires?
-une bonne connaissance des sources, de leurs fonds , de leurs conditions, (24 réponses),
-un esprit de détective et d'enquête (20),
-la maitrise des questions de droit et l 'aptitude à la négociation (15),
-l'art de trouver des infos ou des images sur tous les sujets et
" le mouton à cinq pattes " (15),
-un regard aigu (14).

La maitrise des questions de droits en tous genre, faisant de plus en plus barrage à la réutilisation des images, devient une expertise à part entière chez ces professionnels de la recherche .

Les producteurs soulignent l'importance de certaines qualités humaines: enthousiasme, énergie, diplomatie, contact et entregent .
Les documentalistes audiovisuelles et les iconographes doivent donc conjuguer compétences intellectuelles, artistiques ET qualités de négociation financière. Cette dualité n'est pas toujours évidente. Le goût de " l'art " et le sens de " l'argent "ne sont pas toujours réunis chez une seule et même personne.

6/Quels sont leurs critères d'engagement?
Les conditions de production étant de plus en plus resserrées, les producteurs qui nous ont répondu déclarent recruter des documentalistes capables avant tout de négocier les droits et de gérer un budget, préférant du coup des profils expérimentés plutôt que des juniors, tout en valorisant difficilement cette différence au niveau de leur rémunération !
La différence de rémunération entre juniors et " mediors ou seniors " n'est en effet pas proportionnelle à la différence d'expériences et de connaissances.

Pour la production d'un programme spécifique, les documentalistes sont recrutées de préférence sur choix du réalisateur ou du producteur , jamais par Internet! majoritairement en free lance plutot qu'en interne., .
En réalité, les producteurs d'émissions de flux recrutent davantage en interne, à l'année, sur des émissions régulières.

Ceux qui ont manifesté leur interêt à ce questionnaire identifient clairement le métier de documentaliste et reconnaissent la nécessité de leurs interventions. Nous ne nous permettons pas de tirer des conclusions générales et absolues de cette enquête mais un certain nombre d'instructions utiles. Que les répondants soient ici remerciés .

Contact Enquête : Valérie Massignon, zebre@xyzebre.com


voir aussi notre intervention aux rencontres Focal Fiat du 10 septembre 2003 sur la nouvelle offre numérique;consulter la page

 




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